
Je reprends là où je vous ai laissés hier soir !
Après m’être couché, j’ai dormi environ une heure avant de me réveiller, incapable de me rendormir. Probablement l’excitation d’être à Budapest ! Je me suis donc dit : « Allez, on retourne au McDonald’s pour voir ce qui se passe ! »
Mais avant, puisque c’était sur mon chemin, j’ai décidé de faire un arrêt dans un bar gay de Budapest. Voyons donc, j’y suis, je ne peux quand même pas passer à côté !
Une fois ma petite visite terminée, je me suis dirigé vers le fameux McDonald’s de la gare de Nyugati. Malheureusement, en arrivant, j’ai constaté qu’il venait tout juste de fermer. Ben cou donc, j’étais pas dû pour y aller !
Comme j’avais quand même faim, je me suis rabattu sur un autre McDo avant de rentrer à l’appartement. Cette fois-ci, j’ai finalement réussi à dormir un bon cinq heures. Pas le grand luxe, mais c’est toujours mieux qu’une petite heure !
Une fois levé, j’ai mangé mes céréales habituelles, pris un café et préparé mon itinéraire pour la journée. Vu l’emplacement de mon Airbnb, je peux visiter une bonne partie de Budapest à pied. C’est pratique et ça permet de faire des découvertes qu’on ne ferait pas nécessairement en métro ou en autobus.

J’ai commencé par passer devant la maison Pakáry, un bâtiment historique datant du XVIIIe siècle situé à quelques pas de mon appartement.
J’ai ensuite poursuivi mon chemin vers l’église paroissiale Sainte-Thérèse-d’Ávila (Avilai Nagy Szent Teréz). Dès que j’ai vu le nom de Thérèse, je me suis dit : « Ben voyons, on ne va quand même pas avoir du steak, du blé d’Inde pis des patates ! » LOL ! Bon, malheureusement, ce n’était pas une référence à notre Thérèse nationale, mais bien à sainte Thérèse d’Ávila, une religieuse espagnole connue notamment pour son travail de réforme au sein de l’Église.

Un peu plus loin, j’ai aperçu la statue d’un homme assis sur un banc. Je me suis dit que ce serait une belle occasion de prendre une photo. J’ai donc demandé à deux dames si elles pouvaient me photographier. En voyant que j’étais clairement un touriste, elles m’ont demandé si je savais qui était le monsieur assis sur le banc.
Bien sûr que… non !
Elles m’ont alors expliqué qu’il s’agissait d’Imre Kálmán, un compositeur hongrois très célèbre pour ses opérettes. La statue se trouve juste devant le Théâtre de l’opérette et a été inaugurée en 2007.
Ce qui la rend particulière, c’est que le compositeur est représenté assis bien confortablement sur un banc, avec un ordinateur portable placé à proximité. On y retrouve sa biographie… en hongrois, bien sûr ! Pas très utile pour moi, mais c’est quand même original. Les deux dames m’ont aussi expliqué que les empreintes en bronze qu’on retrouve devant le théâtre et le long de la rue font partie de l’allée des Immortels (Halhatatlanok Sétánya). Elles rendent hommage à des personnalités hongroises. Je dois toutefois avouer que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam les personnes à qui appartenaient ces empreintes ! LOL.
J’adore ces rencontres avec des gens qui prennent le temps de vous expliquer l’histoire des lieux que vous visitez. Elles m’ont raconté qu’elles n’habitaient pas Budapest, mais qu’elles étaient toutes les deux hongroises et connaissaient très bien la ville. Comme quoi, il suffit parfois de demander une simple photo pour repartir avec une petite leçon d’histoire !
J’ai ensuite croisé la tourelle du palais de justice et l’ancienne prison centrale de Budapest. Heureusement, je n’avais pas besoin de m’inquiéter : le bâtiment n’est plus une prison, mais abrite aujourd’hui la Cour suprême de Hongrie.

Après toutes ces découvertes, j’ai fait un arrêt dans une épicerie pour acheter un sandwich et une boisson locale. Je me suis ensuite installé dans un joli petit square, le Batthyány-örökmécses, où brûle la flamme éternelle de Batthyány.
L’endroit est calme et reposant. C’était parfait pour reprendre mon souffle avant de poursuivre ma promenade.
Mon prochain objectif était enfin en vue : le Parlement hongrois !
Sur le chemin, je suis passé devant le Mémorial des martyrs nationaux (Nemzeti Vértanúk Emlékműve), qui rend hommage aux victimes de la Terreur rouge de 1919.
Puis, me voilà enfin devant le Parlement !
WOW ! C’est vraiment impressionnant. Je comprends mieux pourquoi on voit constamment ce bâtiment lorsqu’on parle de Budapest. Situé du côté de Pest et construit dans un style néogothique, il a été achevé en 1902. C’est le plus grand bâtiment de Hongrie et l’un des plus grands édifices parlementaires au monde. Ce n’est pas rien !

La cour est immense et, même si elle est principalement pavée, l’ensemble est vraiment beau. On comprend rapidement pourquoi le Parlement est l’un des symboles les plus connus de la ville.
Juste en face se trouve l’ancien palais de justice de Budapest, un autre bâtiment historique datant de la fin du XIXe siècle. C’est d’ailleurs à cet endroit que j’ai rencontré mes premiers Québécois en visite à Budapest ! Ils étaient quatre, tous retraités, et m’ont demandé de les prendre en photo sans se douter que j’étais moi-même Canadien. Le monde est petit, même à des milliers de kilomètres de la maison !
J’ai poursuivi ma visite du secteur en découvrant le monument d’István Tisza, un ancien premier ministre hongrois.
Petite anecdote historique : le monument original a été endommagé pendant la bataille de Budapest, en 1945, puis démoli par le régime communiste en 1948-1949. Une réplique fidèle a finalement été reconstruite et inaugurée en 2014, à son emplacement d’origine.

Je me suis ensuite rendu de l’autre côté du Parlement, sur la façade qui donne directement sur le Danube. C’est cette vue qui apparaît le plus souvent dans les photos de Budapest, et je comprends pourquoi !
Le bâtiment est absolument magnifique vu de ce côté-ci. Je compte d’ailleurs revenir dans le secteur cette semaine pour faire une croisière sur le Danube avec Salim. J’ai bien hâte de voir tout ça depuis le fleuve !
En poursuivant ma promenade le long de l’eau, je suis arrivé devant le mémorial des Chaussures au bord du Danube (Cipők a Duna-parton). Ce monument est composé d’environ 60 paires de chaussures en fer forgé. Il rend hommage aux victimes juives de la Shoah qui ont été exécutées au bord du fleuve pendant la Seconde Guerre mondiale. Les victimes étaient forcées d’enlever leurs chaussures avant d’être fusillées et de tomber dans le Danube.

C’est un lieu chargé d’émotion. Les chaussures, toutes différentes, rendent cette tragédie particulièrement concrète. On s’arrête quelques instants, on regarde et on réfléchit. Une visite qui rappelle que derrière les magnifiques bâtiments et les attraits touristiques de Budapest se cache aussi une histoire douloureuse.
J’ai continué ma marche jusqu’au pont des Chaînes Széchenyi, que je comptais bien traverser… mais pas tout de suite !
Je me suis d’abord dirigé vers la basilique Saint-Étienne de Pest (Szent István-bazilika), un magnifique édifice dont la construction a commencé en 1851. Son architecture combine notamment les styles néoclassique et néo-Renaissance. À l’intérieur, on conserve une relique assez particulière : la main droite momifiée de saint Étienne, premier roi de Hongrie.

J’aurais bien aimé monter jusqu’au dôme pour admirer la vue sur Budapest, mais je suis arrivé trop tard. La billetterie fermait et le gentil monsieur m’a expliqué que les visites étaient complètes jusqu’à la fermeture du site.
Dommage ! Si j’ai le temps avant mon départ et que je repasse dans le coin, je vais essayer d’y retourner.
Je me suis ensuite dirigé vers la place Erzsébet, en plein centre-ville, où se trouve la grande roue de Budapest.
Comme dans plusieurs grandes villes, on retrouve ici une grande roue qui permet d’admirer les environs d’un peu plus haut. Elle dépasse de cinq mètres celle de Montréal. Pourtant, à première vue, elle semble plus petite. Comme quoi, les perceptions peuvent être trompeuses !
Sur cette même place se trouve la fontaine Danubius, datant de 1883. Elle représente le dieu-fleuve Danubius, qui personnifie le Danube dans la mythologie romaine.

Un peu plus loin, sur la place József Nádor, j’ai découvert deux autres fontaines qui valent le détour. La première, faite de porcelaine, représente l’arbre de vie. Elle a été fabriquée et peinte à la main par la célèbre manufacture hongroise de porcelaine de Herend. La seconde est une création de la manufacture hongroise Zsolnay, reconnue pour ses pièces en céramique et en porcelaine.
Deux œuvres bien différentes, mais qui ajoutent beaucoup de charme à cette jolie place.
Il était maintenant temps de traverser le fameux pont des Chaînes Széchenyi !
Inauguré en 1849, il relie Buda à Pest et constitue le plus ancien pont permanent de Budapest à traverser le Danube. Il a donc quelques années derrière la cravate ! La promenade est magnifique, avec une vue splendide sur le Parlement. On aperçoit également le château de Buda, aussi appelé palais de Budavár, qui domine l’autre rive.
Une fois arrivé sur la place Clark Ádám, j’ai pu observer l’entrée du tunnel du château de Buda. Le tunnel et le pont sont tous deux associés aux travaux de l’ingénieur écossais Adam Clark.
Juste à côté se trouve le célèbre funiculaire de la colline du château de Buda (Budavári Sikló), inauguré en 1870. Il fait partie du paysage historique de la ville et permet de rejoindre le quartier du château en grimpant la colline.

Je n’ai toutefois pas pris le funiculaire cette fois-ci. Il me reste encore des choses à découvrir à Budapest, et ce sera peut-être pour une prochaine journée !
Après avoir profité du paysage, j’ai repris le pont en direction de Pest pour retourner à mon Airbnb.
En chemin, un bâtiment a attiré mon attention : le magnifique Four Seasons Hotel Gresham Palace. Cet hôtel de luxe est installé dans un superbe édifice de style Art nouveau hongrois. Difficile de ne pas s’arrêter pour admirer son architecture !
Pour terminer le trajet, j’ai finalement décidé de prendre le métro plutôt que de continuer à marcher. J’ai emprunté la ligne M1 de Budapest, aussi appelée le métro du Millénaire (Millenniumi Földalatti Vasút). Inaugurée le 2 mai 1896, elle est considérée comme la plus ancienne ligne de métro du continent européen. Rien de moins !
À la sortie du métro, pas très loin de mon Airbnb, je suis tombé sur une sculpture jaune vif représentant Pospischil Mihály, un modèle et ouvrier de l’usine Ganz. Elle est installée sur les marches de l’Université hongroise des beaux-arts. Et voici le détail amusant : cette sculpture est une réplique réalisée grâce à l’impression 3D ! Elle est toute récente, puisqu’elle date de juillet 2026.
Comme quoi, même en se promenant dans une ville chargée d’histoire, on peut tomber sur des œuvres bien modernes.

Enfin de retour à l’appartement, j’ai pris une bonne douche et je suis ressorti… encore une fois dans un bar !
Eh oui, que voulez-vous ! Je suis en voyage, je veux profiter de Budapest et découvrir la vie nocturne autant que les monuments. Il faut bien équilibrer les visites culturelles et les sorties ! Après cette longue journée de marche, de découvertes historiques, de belles rencontres et de paysages impressionnants, je peux vous dire que j’en ai vu du pays !
Budapest continue de me surprendre, et ce n’est que le début de mon séjour.
La suite bientôt… le Castor n’a pas fini de se promener !